Une morale souple mais non sans boussole

Une morale souple mais non sans boussole

L’exhortation du pape François sur la famille, Amoris laetitia, a été l’objet de critiques. Quatre cardinaux ont envoyé une lettre au pape pour demander de lever des doutes (dubia) au sujet de plusieurs points de doctrine et de pastorale concernant la validité des enseignements du pape Jean Paul II sur les actes intrinsèquementmauvais et sur la possibilité ou non pour les personnes divorcées remariées, dans certains cas, d’accéder aux sacrements. Deux théologiens, de traditions spirituelles et de formations théologiques différentes, ont souhaité répondre aux doutes des cardinaux et à travers eux à ceux qui s’interrogent. Leur dialogue a abouti à une ligne commune que chacun argumente depuis sa spécialité : les enseignements du pape Jean Paul II et ceux du pape François ne sont nullement contradictoires mais complémentaires.
C’est leur lecture conjointe qui nous permet de les éclairer tous deux et de comprendre que la vie morale et la pastorale ont besoin à la fois du rappel des normes universelles de la vie morale et d’une application miséricordieuse de cette doctrine dans la prise en compte pastorale de la dimension singulière de la décision
personnelle. Cette perspective évite de faire une lecture rigide de Veritatis splendor et une lecture laxiste d’Amoris laetitia.

Préface du cardinal Christoph Schönborn